Née le 26 juin 1988 à San Francisco, Remy LaCroix grandit dans une famille d’artistes. Sa mère, danseuse de ballet, l’inscrit très tôt à des cours de danse classique et de jazz. Pendant son adolescence, elle se passionne pour le hip‑hop et le pole dance, qu’elle pratique en parallèle de ses études au lycée. « Je me sentais libre sur scène, raconte‑t‑elle. La danse m’a appris à contrôler mon corps et à exprimer mes émotions sans paroles. »
Après le bac, elle travaille comme danseuse dans plusieurs clubs de la côte Ouest. C’est là qu’elle croise des professionnels du divertissement pour adultes, qui remarquent son aisance corporelle et son charisme naturel. Remy hésite longtemps avant d’accepter un premier tournage, car elle redoute le regard des autres. « Je craignais que ma famille ne comprenne pas, confie‑t‑elle. Mais ma mère m’a dit : “Tant que tu es heureuse et en sécurité, je te soutiens.” »
En 2012, Remy LaCroix tourne sa première scène avec une petite production indépendante. Elle a 24 ans. Très vite, sa prestation naturelle et sa capacité à improviser impressionnent les réalisateurs. Elle signe ensuite avec plusieurs studios reconnus, dont Vixen, Tushy et Blacked, des marques réputées pour leur esthétique soignée. « Je voulais travailler avec des équipes qui respectent les artistes, explique‑t‑elle. J’ai toujours exigé des conditions de tournage claires et un consentement explicite. »
Sa carrière décolle en 2014 lorsqu’elle remporte le AVN Award de la meilleure nouvelle starlette. Ce prix lui ouvre les portes des productions internationales. Elle tourne alors en Europe, notamment en France et en Espagne, où elle perfectionne son français. « J’adore la culture française, dit‑elle. Les réalisateurs ici ont une approche plus artistique, plus cinématographique. »
Remy LaCroix ne se limite pas à la performance devant la caméra. Elle écrit régulièrement des articles sur la sexualité positive dans des magazines en ligne, et anime des ateliers de pole dance dans des studios de Los Angeles. « Le sport m’aide à garder les pieds sur terre, confie‑t‑elle. Et j’aime transmettre ce que j’ai appris sur la confiance en soi. »
En 2017, elle publie un court récit autobiographique intitulé Mon corps, ma voix (auto‑édité), dans lequel elle aborde sans tabou son parcours, les clichés sur les actrices de films pour adultes, et l’importance de l’éducation sexuelle. Le livre rencontre un succès modeste mais la solidifie comme une voix indépendante dans l’industrie.
Très tôt, Remy LaCroix s’engage pour les droits des travailleurs du sexe. Elle donne des conférences lors des festivals comme Exxxotica ou le Feminist Porn Conference, où elle plaide pour une meilleure régulation du secteur et des soins de santé accessibles aux acteurs. « Nous ne sommes pas des marchandises, martèle‑t‑elle. Nous sommes des professionnels qui méritent respect et protection. »
En parallèle, elle fait du bénévolat dans des associations d’aide aux victimes de violences sexuelles. Son expérience personnelle – elle a révélé avoir subi une agression dans sa jeunesse – la pousse à agir concrètement. « Si mon histoire peut aider une seule personne à se reconstruire, alors tout cela a du sens », déclare‑t‑elle dans une interview à Los Angeles Times.
Malgré sa notoriété, Remy LaCroix garde sa vie privée très discrète. Elle partage son temps entre Los Angeles et une petite maison dans l’Oregon, où elle cultive un jardin biologique et pratique la méditation. « J’ai besoin de nature pour décompresser, explique‑t‑elle. Les réseaux sociaux me vident, alors je limite mon usage à quelques heures par semaine. »
Elle est en couple avec un musicien indépendant depuis cinq ans, mais ne donne jamais son nom ni son visage sur les plateformes publiques. « Mon travail et ma vie personnelle sont séparés, insiste‑t‑elle. C’est ma façon de préserver mon équilibre. »
À 36 ans, Remy LaCroix continue de tourner, mais de manière plus sélective. Elle préfère désormais les projets où elle a un réel contrôle créatif, comme les scénarios qu’elle co‑écrit ou les courts‑métrages qu’elle réalise elle‑même. « Je veux montrer une sexualité réaliste, douce, parfois drôle, dit‑elle. L’industrie évolue, et j’ai envie d’en être un maillon constructif. »
Elle envisage également d’ouvrir un centre de bien‑être destiné aux artistes de l’industrie, avec des consultations psychologiques et des cours de yoga. « Après toutes ces années, j’ai compris que la santé mentale est notre plus grand atout, conclut‑elle. Et je veux le partager. »